«Les Russes nous torturent pour que nous ne parlions pas à l’ONU» : le personnel de la centrale nucléaire Zaporijjia témoigne

Posted on

Par Le Figaro

Publié le 01/09/2022 à 11:35, Mis à jour le 01/09/2022 à 14:15

Une vue montre la centrale nucléaire de Zaporijjia , en Ukraine, le 30 août 2022. ALEXANDER ERMOCHENKO / REUTERS

Un ingénieur de la centrale affirme au Telegraph que les forces de sécurité russes procèdent à des actes de torture afin que les employés ne parlent pas devant l’équipe de l’AIEA attendue ce jeudi.

Jeudi 1er septembre, une équipe de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) est attendue à la centrale nucléaire de Zaporijjia, dans le sud-est de l’Ukraine, où elle souhaite une présence permanente pour éviter une éventuelle catastrophe, en pleine guerre entre l’Ukraine et la Russie. Dans un article publié le 25 août dernier, le Telegraph dévoile des témoignages de personnel de la centrale – en poste ou qui se sont échappés – qui affirment que les forces de sécurité russes les torturent pour éviter qu’ils ne parlent devant les membres des Nations unies.

Ils ont décrit, sous couvert d’anonymat, une atmosphère de peur et d’intimidation, qui passe notamment par plusieurs arrestations. «Nous nous inquiétons tous de l’éventuelle visite des représentants de l’AIEA. Ils (les Russes, NDLR) pourraient organiser des provocations et ensuite les mettre sur le dos de l’Ukraine. On a l’impression que c’est exactement ce qu’ils prévoient de faire, a déclaré un ingénieur au journal. Pendant la durée de la visite, ils prévoient de réduire au minimum la présence de notre personnel et de placer deux ou trois de leurs représentants dans chaque salle de contrôle».

À VOIR AUSSI – Guerre en Ukraine: l’AIEA maintient la visite de la centrale nucléaire malgré des hostilités

À lire aussiEN DIRECT – Ukraine : un réacteur nucléaire à Zaporijjia arrêté à cause de bombardements russes

Selon cet ingénieur, plusieurs employés de la centrale ont été arrêtés chez eux ou sur le chemin du travail : «Maintenant, je comprends que leur armée est faible, mais leur service FSB fonctionne. L’une de leurs méthodes ici est d’emmener les travailleurs de la salle de contrôle au sous-sol», a-t-il déclaré, «utilisant une expression familière russe pour désigner la détention et la torture par la police secrète», précise le Telegraph. L’ingénieur continue : «Notre direction garde le silence à ce sujet, pour ne pas créer de panique, mais les personnes qui reviennent après ces ‘conversations’ au sous-sol restent muettes. Il ne sera pas surprenant qu’au cours de la mission, ils se mettent soudain à dire ce qu’on leur a demandé de dire.»

Trois témoins, qui travaillent dans l’usine ou qui l’ont quittée récemment, ont également affirmé au Telegraph que les forces russes avaient réduit la main-d’œuvre à des niveaux dangereusement bas et imposé des restrictions de mouvements qui rendent difficile l’accomplissement de leur travail.

À lire aussiRenaud Girard: «Stopper le danger nucléaire à Zaporijjia»

Plus de 11.000 personnes travaillaient à la centrale de Zaporijjia, l’une des quatre centrales nucléaires qui fournit environ la moitié de l’électricité ukrainienne, avant la guerre. Depuis, Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de procéder à des bombardements à proximité du complexe, près de la ville d’Energodar, sur le fleuve Dniepr, et de mettre ainsi le site en péril. L’opérateur ukrainien Energoatom a mis en garde samedi contre des risques de fuites radioactives et d’incendie après de nouvelles frappes. Ces dernières semaines, Zaporijjia cristallise les inquiétudes des Occidentaux. L’ONU a appelé à cesser toute activité militaire aux alentours.

Initialement, l’Ukraine craignait qu’une telle visite ne légitime l’occupation russe du site aux yeux de la communauté internationale avant de finalement soutenir l’idée d’une mission de l’AIEA. Devant cette «dangereuse» situation, le président Volodymyr Zelensky avait pressé vendredi le gendarme onusien du nucléaire d’envoyer au plus vite une équipe. Cette équipe de 14 personnes est arrivée mercredi dans la ville du même nom, à environ 50 kilomètres à vol d’oiseau de ce complexe occupé depuis début mars par les Russes et objet de vives inquiétudes de la communauté internationale.

À VOIR AUSSI – Centrale nucléaire en Ukraine: le CICR demande d’«arrêter de jouer avec le feu»

Jasaseosmm.com Smm Panel is the best and cheapest smm reseller panel Buy Facebook Verification for instant Instagram likes and followers, Buy Verification Badge, Youtube views and subscribers, TikTok followers, telegram services, and many other smm services. telegram, and many other smm services